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Composition de l'équipe d'Ergonomie du CRTD

Chercheurs permanents

Flore BARCELLINI, MdC

Hakim BENCHEKROUN, MdC

Gaëtan BOURMAUD , MAST

Pierre FALZON, Professeur Cnam, Directeur

Yannick LEMONIE, MdC

Adélaïde NASCIMENTO, MdC

Martine POULIN, IGE

Laurent VAN BELLEGHEM, PAST


Jeunes chercheurs, doctorants

Gianna CARTA

Laëtitia FLAMARD

Nadia HEDDAD

Cédric KNIBBE

Dorothée MALET TORLOTTING

Fabiola MAUREIRA

Maria Isabel MUNOZ

Cécile PINEY

Sylvie THELLIER

Camille THOMAS

Claire VANBELLE


Personnels administratifs

Denise GUYOT, secrétaire

Administration du CRTD

Pierre FALZON, Professeur Cnam, Directeur

Chimène Bety, assistante de gestion

L'ergonomie étudie l'activité de travail, afin de contribuer à la conception de dispositifs (techniques et organisationnels) efficaces, fiables, sûrs, favorables à la santé de leurs utilisateurs et au développement des compétences de ces derniers.

Elle vise la mise en compatibilité des propriétés des dispositifs et de celles de l'activité humaine. Elle s'intéresse à des situations de travail diverses, qu'il s'agisse de production de biens ou de services ou qu'il s'agisse de l'activité des concepteurs eux-mêmes. L'ergonome, en tant qu'acteur de la conception et de la transformation des situations de travail, doit développer des méthodes propres (d'analyse, d'intervention, de conception, d'évaluation), lui permettant de participer efficacement aux projets auxquels il contribue.

L'ergonomie, comme son nom l'indique, s'intéresse prioritairement au travail humain. Cependant, la conception de systèmes techniques ou socio-organisationnels adaptés ne concerne pas que les hommes et les femmes au travail, mais tout individu engagé dans une activité finalisée. L'ergonomie s'intéresse donc aussi à la conception et à l'évaluation des instruments de la vie courante et aux interactions de service.

Les thèmes de recherche du laboratoire

Les objectifs du Laboratoire d'Ergonomie du CNAM sont de contribuer au développement :

  • des connaissances relatives aux activités humaines dans le travail et à leurs déterminants, notamment physiologiques et cognitifs, ainsi qu'à leurs répercussions

  • de la méthodologie de mise en oeuvre de ces connaissances pour agir sur les conditions de travail, la conception des systèmes et des instruments de travail.

Pour satisfaire ces objectifs, le Laboratoire conduit des recherches sur des tâches réelles, souvent dans le cadre de contrats de recherche avec des partenaires publics ou privés. Cette activité de terrain est une nécessité pour assurer la validité des résultats et des thèses soutenues et pour déceler de nouvelles questions de recherche ; elle peut conduire, en marge de la recherche proprement dite, à une activité de conseil auprès des contractants.

Les axes de recherche principaux concernent :

  • les activités de conception (raisonnement de conception, ingénierie concourante, outils d'aide à la conception, tracabilité des processus et des décisions de conception pour la mémoire d'entreprise) ;
  • les activités collectives et les activités verbales (ceci incluant la conception de systèmes d'aide au travail collectif : CSCW/groupware ou systèmes coopératifs) ;
  • la construction et le développement des compétences, et la transformation du travail (activités réflexives, analyse ergonomique du travail et formation, formation et action, activités de conception de programmes de formation).

Aux axes ci-dessus s'est ajouté ces dernières années un thème relatif à la conception de systèmes d'aide à la conduite et la supervision des processus (notamment processus à risques).

En parallèle à ces axes, une réflexion de nature épistémologique est menée concernant le statut de l'ergonomie, le rôle de l'ergonome et l'évaluation de son action. Cette réflexion n'est elle-même pas disjointe des thèmes évoqués ci-dessus : l'ergonome est lui-même un concepteur, souvent impliqué dans un travail collectif, développant ses propres compétences au cours de sa propre pratique. Enfin, le Laboratoire d'Ergonomie est partie prenante du GIP CREAPT (Centre de Recherche sur l'Age et les Populations au Travail), au sein duquel nous conduisons une partie de nos recherches.

Les activités de conception

Nous entendons par là les activités des concepteurs (et non la participation des ergonomes à des projets de conception). La connaissance des activités et des processus de conception constitue un double enjeu.
D'une part, il s'agit d'une phase déterminante de la modernisation des entreprises, qui conduisent celles-ci à la recherche de nouvelles organisations de la conception (ingénierie concourante, ingénierie simultanée, design rationale, mémoire organisationnelle).
D'autre part, la recherche des raisons des effets négatifs de certaines situations de travail conduit à remettre en cause les caractéristiques mêmes du processus de conception. Ce dernier n'a pas été pensé pour prendre effectivement en compte le travail : "adapter le travail à l'homme" suppose une autre façon de concevoir. Il s'agit donc, là aussi, de rechercher de nouvelles stratégies de conception.

L'objectif est donc de comprendre :

  • au niveau individuel : les processus de raisonnement des concepteurs.
    Nous nous intéressons en particulier aux modélisations en termes de gestion de contraintes ;

  • au niveau collectif : les articulations des activités des concepteurs.
    Le thème "activités de conception" croise ici le thème "activités collectives" exposé plus haut ;

  • au niveau des processus de travail : les étapes de la conception.
    A cet égard, la conception est souvent pensée comme se terminant lors de la spécification finale ou à la livraison de l'objet conçu. Or on constate des processus de "conception continue", les objets évoluant lors de l'usage et du fait de celui-ci ;

  • au niveau des systèmes techniques : les formes d'usage des outils (essentiellement CAO) et leurs contraintes.
    On y ajoutera l'étude de la traçabilité de la conception, c'est-à-dire l'étude des moyens pour rendre compte des décisions prises au cours du processus de conception et pour capitaliser l'expérience.


Le travail collectif

Les activités collectives sont depuis quelques années l'objet de recherches dans différentes disciplines : psychologie, ergonomie, intelligence artificielle, sciences cognitives. Cette croissance est liée d'une part à l'émergence de modèles permettant mieux qu'auparavant de saisir cette activité collective : cognition distribuée, IAD, modèles intentionnels de l'interlocution. Elle est liée d'autre part à deux besoins pratiques :

  • d'une part celui de définir des environnements de travail mieux adaptés au travail collectif.

    L'ergonomie de l'environnement de travail se réduit encore souvent à l'ergonomie du poste, ce qui ne permet pas de traiter les spécificités du travail à plusieurs, notamment en matière de savoirs mutuels et de visibilité du travail d'autrui.
  • d'autre part celui de contribuer à la définition de systèmes d'aide coopératifs.

    La complexification des dispositifs techniques (notamment dans des situations de supervision d'environnements dynamiques) et la part croissante qu'ils occupent dans la réalisation des tâches amènent à les analyser comme des agents cognitifs autonomes. Il est donc nécessaire de penser leur intégration à l'activité humaine. Notre hypothèse est qu'une meilleure compréhension des processus humains de coopération est un atout de ce point de vue.

Cette perspective nécessite l'élaboration de méthodologies et de modèles nouveaux, adaptés à l'observation et à la modélisation de ces activités collectives. Cette élaboration constitue en elle-même un champ de recherche ouvert.



Développement des compétences, activité réflexive et formation

L'ergonomie défend depuis longtemps l'idée que l'opérateur humain est un sujet apprenant, créatif. Nous avons proposé le terme d'activité méta-fonctionnelle pour qualifier l'activité réflexive qui prend pour objet l'activité de travail et qui vise à la transformer par construction d'outils (matériels ou cognitifs) permettant de faciliter l'exécution de la tâche ou à améliorer la performance.
Notre hypothèse est que ces activités méta-fonctionnelles sont nécessaires à la fois pour le développement des personnes (et donc leur "santé cognitive") et pour l'efficacité (productivité, qualité) de l'organisation et qu'elles doivent donc être encouragées et assistées. La reconnaissance, par les organisations, de cette nécessité est loin d'être assurée aujourd'hui. Les tentatives en ce sens sont parfois maladroites, inadaptées ou inefficaces. Par exemple, les recherches concernant la mémoire d'entreprise sont souvent fondées sur une vision très statique des savoirs professionnels, posés comme des objets qu'il suffit de glaner par des méthodes appropriées. Or il ne s'agit pas tant de "mettre en boite" les savoirs, une perspective fréquemment adoptée, que de favoriser leur constante émergence.

Les recherches concernent les points suivants :

  • Analyse des processus naturels de gestion et de construction de la connaissance.

    Ces processus sont souvent collectifs, ce qui rapproche ce thème du thème "activité collective".
  • Analyse des conditions d'émergence des savoirs.

    En particulier, nous pensons que certaines formes d'organisation du travail, certaines techniques d'auto-analyse des pratiques sont favorables à cette émergence. L'analyse ergonomique du travail peut être une aide à la prise de conscience des savoirs professionnels, jouant le rôle d'un "outil cognitif" qui développe les méta-connaissances des opérateurs.


Âge et travail

Ces recherches se déroulent dans le cadre du GIS CREAPT (Centre de Recherches et d'Études sur l'Âge et les Populations au Travail), GIS dont l'objectif est l'étude des phénomènes qui accompagnent le vieillissement des travailleurs (effets négatifs sur la santé mais aussi développement des compétences) et des facteurs qui pèsent sur ces phénomènes (parcours professionnels, nature des tâches, rôle des collectifs de travail notamment).



Epistémologie de l'ergonomie

La présence des questions épistémologiques s'est fait sentir avec acuité ces dernières années. Les causes en sont probablement la maturité de la discipline (qui s'est en partie autonomisée par rapport à ses disciplines d'origine, la physiologie et la psychologie), le développement de la profession (l'ergonomie est une discipline et des métiers) et le contexte socio-économique. Ces faits contribuent à interroger la discipline : les objectifs déhier doivent-ils être repensés ? Le laboratoire d'ergonomie du CNAM a été le creuset d'une grande partie des bases de la pratique ergonomique française. Il contribue aujourd'hui, avec d'autres, à la réflexion épistémologique sur la discipline. Cette réflexion a porté notamment sur le mode de construction des connaissances en ergonomie et sur les articulations entre ergonomie et formation.